Calligraphie Arabe et Peinture de Lettres


« Il y a des chemins que l'on empreinte par hasard,

au détours d'un regard, entre les mots , entre les lignes,

comme on trace des voies.

Il y a des routes, faites de pigments et d'encres,

que l'on aborde dans les sillages des terres encore vierges.

Et puis il y a des êtres promenant leurs lettres sur des lignes d'horizon,

à répétition, 

 infiniment,

jusqu'à l'épuisement ».


Tout est une histoire de trace, la trace d’une histoire intérieure que les mots portent et que le souffle, comme une voix ramène à la surface de la feuille. Le Calame est comme une flûte, le calligraphe par son souffle lui donne un mouvement. La main et l’encre marquent le geste, la finalité est un soulagement, une respiration.

La lumière s’intercale dans l’ombre des couleurs, les lettres épousent la forme des mots et la composition finale entrouvre la voie du partage avec d’autres regards. Après tout, calligraphier c’est faire parler ses mots et au delà de la communication intérieure, calligraphier c’est aussi communiquer avec les autres.

Un regard, un souffle, une respiration et d’un geste, un trait, les lettres de l’alphabet se mettent à parler à l’œil qui écoute les yeux grands ouverts.Ces lettres de correspondances gravées sur des feuilles à grains, comme des grains de sable que le vent place et replace, lettre par lettre et finit par en faire des mots.

Des mots qui conversent, des mots à la langue tachée d’encre. L’encre d’une écriture qui surgit et refait surface comme une vague profonde, une vague intérieure à la voix qui jette l’encre. Et l’encrier comme l’écume trouve une voie d’issue et entrouvre une porte aux paroles non dites. Ces paroles, ces mots solitaires, solidaires dans le geste du roseau qui souffle sa flûte. Une mélodie de mots visibles et illisibles à la fois Mais audibles peut-être, si on les regardait parler, si on les écoutait danser comme une musique intérieure.

Le calame  :  roseau taillé pour calligraphier.

El Kalam  :  parôles et des mots.


Approcher le silence
et s'en faire l'écho,
appréhender le souffle
et s'abandonner au fond,
se laisser emporter par la trace des mots,
de ses propres mots,
jusqu'à en être le prolongement.
Le sens caché,
l'image visible à l' oeil nu.
Appréhender le silence
et en faire sa voix,
le bruissement du Calame qui clame sa mélodie,
comme une psalmodie d'intérieure.
Jeter l'encre,
suivre les vagues
et se laisser porter par une diction intérieure.

Chaque mot a sa musique,
entonne et vibre,
comme les cordes

sous les doigts d'un musicien.


 

 Le souffle

Le geste

La trace des mots



La calligraphie : ou « elkhatt » en arabe : la ligne ou la trace

Le théatre des mots suspendus à des fils invisibles

Le souffle :

"je suis un grain de sable,

qui navigue à contre courant

sous des vagues de dunes

sur la trace du vent"

Le geste : 

    "je suis douceur, envie et rêve
    et la rage dans le doute.
    je suis dehors, dedans,
    le chemin et ses routes"

La trace :

    "je suis la ville sous les dunes,
    je suis la mer sous la lune
    je suis la vague qui divague
    je suis l'image et mille mirages"

Les mots :

    "nous sommes la ville
    nous étions désert,
    nous serons la mer à boire
    et nous écumerons les vagues profondes"

Le calligraphe :

"je suis juste une ombre,

portée par les mots,

trainée par les lettres

et je ne suis pas le sable

je suis juste la trace du vent"




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Abd elMalik Nounouhi